Les Spiritains au Cameroun: un siècle d’histoire

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I – CENTENAIRE : LES ENJEUX D’UNE CELEBRATION

Cent ans de présence des Spiritains au Cameroun, comment ne pas célébrer une telle existence ? Le centenaire est donc un moyen pour cette Congrégation religieuse et missionnaire, encore appelés Congrégation du Saint-Esprit de commémorer ces années d’existence au Cameroun. Cette célébration qui va de la Pentecôte 2015 – Pentecôte 2016 est une période importante pour :

  • Prendre connaissance de l’histoire des Spiritains au Cameroun et leur impact dans l’évangélisation ;
  • Rendre hommage aux grandes figures spiritaines au Cameroun ;
  • Faire un bilan sur l’ensemble des réalisations des spiritains au Cameroun ;
  • Rendre grâce à l’instigateur de toutes missions, avec tous les chrétiens, pour le travail effectué par les spiritains depuis la fondation jusqu’à nos jours.
II – CEREMONIE D’OUVERTURE

Le centenaire se célébrera principale à :

  • Yaoundé (ouverture et clôture) : Pentecôte 2015 – Pentecôte 2016
  • Douala (juin 2015)
  • Maroua (02 octobre 2015)
  • Bertoua (02 février 2016).

Yaoundé est le lieu propice pour l’ouverture de la célébration, c’est ici que l’on retrouve l’une des réalisations les plus symboliques des Spiritains au Cameroun : la Cathédrale de Yaoundé construite en 1952. Mais au-delà, les célébrations de ce centenaire commencent par le lieu où la foi spiritaine s’est solidement implantée avant d’arriver à Douala, point de départ de la mission en 1906.

III – QUI SONT LES SPIRITAINS ?

Fils et Filles de Claude François POULLART DES PLACES et François Marie Paul LIBERMANN, nous sommes une Congrégation Religieuse de Droit Pontifical.

Claude POULLART DES PLACES (1679-1709)

Jeune aristocrate Breton, après avoir renoncé à une carrière au Parlement de Rennes, il regroupe des étudiants pauvres, désireux d’être prêtre et de servir des paroisses pauvres. Ainsi nait le séminaire du Saint-Esprit en 1703. Il est ordonné prêtre en 1707 et meurt en 1709 à l’âge de 30 ans. Il avait fondé auparavant, le 27 mai 1703, le Séminaire du Saint-Esprit.

François LIBERMANN (1802-1852)

Il nait juif, fils du Rabbin de Saverne. Il se converti au catholicisme en 1826 et fonde en 1841 la Société du Saint Cœur de Marie. Son but est l’apostolat auprès des Noirs d’Afrique et auprès des esclaves devenus libres dans l’Ile de Saint Dominique (Haïti) et dans l’Iles de Bourbon (La Réunion). Sa Société fusionne avec les Spiritains en 1848. Le Vénérable Père LIBERMANN devient le premier Supérieur Général de cette nouvelle famille.

Les Spiritains ne sont pas les séculiers. Il y a une différence à faire entre les Religieux et les Séculiers. Les religieux dont les Spiritains font partie, sont les membres d’une Congrégation à laquelle ils sont liés par les trois vœux de Chasteté, de Pauvreté et d’Obéissance. Au sein de cette famille religieuse, tous ne deviennent pas prêtres. Certains sont appelés à la vie religieuse par la vocation de frère.

Il y a aussi les laïcs qui vivent notre spiritualité au sein de leur famille. On les appelle les Associés Spiritains. D’autres se constituent en Fraternité Spiritaine.

Les Spiritains sont essentiellement missionnaires, ce sont des religieux, vivant en communauté et accomplissant leur apostolat auprès des pauvres vers qui ils sont envoyés.

IV – COMBIEN SONT-ILS ?

Au dernier Chapitre Général à Bagamoyo en Tanzanie en juillet 2012, il y avait 2.851 Spiritains appartenant à une soixantaine de pays différents. Au Cameroun, originaires et affectés, étudiants et stagiaires, ils sont une centaine, dont un Evêque émérite, un prêtre séculier associé et deux Laïques associées.

OU SONT-ILS ?

Originaires d’une soixantaine de pays et travaillant dans 75 pays, nous participons à la Mission du Christ, proclamant un salut qui est don de Dieu, libération de tout ce qui opprime l’homme et joie de connaître le Seigneur. Mission confiée à l’Eglise universelle et dont la Congrégation est un maillon important.

Ad intra : 25 communautés effectives dans 12 diocèses différents. Ainsi, nous sommes présents dans les Diocèses de Buea, Maroua-Mokolo, Mbalmayo, Yagoua, Bafia, Obala, Doumé Abong-Mbang, Sangmélima, Archidiocèse de Bertoua, Archidiocèse de Bamendan, Archidiocèse de Douala et Archidiocèse de Yaoundé…

Ad extra : Une trentaine de confrères spiritains sont en mission et en formation initiale ou spécialisée. Ils travaillent ou étudient au Brésil, aux Philippines, aux USA, en Irlande, en Belgique, en Espagne en Italie, en Pologne, en France, au Portugal, aux Pays-Bas, au Gabon, au Congo Brazzaville, en RDC, en Angola, au Sénégal, en RCA, au Ghana, au Benin et bientôt en Ethiopie.

QUE FONT-ILS ?

Ils vont de préférence vers ceux qui n’ont pas encore entendu le message de l’Evangile, selon le vœu de leurs fondateurs, ils vont vers les plus défavorisés et là où l’Eglise locale trouve difficilement des ouvriers. Les Spiritains sont donc des missionnaires des pauvres et pour les pauvres.

Ainsi, au Cameroun, ils sont directement engagés pour :

  1. La Justice, la Paix et L’Intégrité de la Création ;
  2. L’Œcuménisme et le Dialogue Interreligieux ;
  3. La Pastorale de la Santé ;
  4. Au Service des Œuvres Educatives et Caritatives ;
  5. La première Annonce de la Foi ;
  6. La Pastorale de l’Information et de la Communication ;
  7. La Pastorale Paroissiale, Urbaine et Rurale etc…
V – LA FORMATION

La formation du futur spiritain commence par l’aspiranat. Lorsque le jeune homme exprime son désir de servir Dieu dans la Congrégation, il se fait accompagner par un aîné, généralement dans le cadre paroissial. Il s’agit de vérifier son désir, tenant compte de ses pré-requis, de la ratio de l’Eglise Catholique Romaine sur la formation des prêtres, ainsi que le Guide pour la Formation de la Congrégation du Saint-Esprit.

La seconde étape est celle du postulat. Elle peut durer une année ou plus. Il s’agit d’un apprivoisement réciproque. Le jeune qui demande à rentrer dans la Congrégation apprend de plus près ce que sont les Spiritains et inversement.

La troisième étape est à peu près le prolongement de la seconde. C’est le premier cycle, dit de philosophie. Il peut durer 3 ou 4 ans. Par la sagesse des anciens, le jeune est initié à un raisonnement cohérent, rigoureux et surtout à aimer les choses dont la vie en elle-même.

La quatrième étape est le Noviciat. Elle dure au moins 12 mois. Le novice reçoit une initiation à la spiritualité de la Congrégation. Il s’agit de creuser les intuitions des fondateurs, ce qui nourrit le religieux spiritain de l’intérieur en quelque sorte. Au terme de cette étape, le jeune devient profès dans la Congrégation par ses premiers vœux émis pour trois ans.

La cinquième étape est celle du stage canonique. Ce stage dure deux ans. C’est une véritable initiation aux réalités pastorales que le jeune est supposé rencontrer dans son ministère ultérieur.

La dernière étape concerne la théologie. Encore une initiation aux Pères de l’Eglise, à la Tradition et à la Révélation. Le jeune spiritain approfondit la réflexion sur les grands mystères de la foi chrétienne, pour une bonne compréhension du Tout Autre qui entraine une meilleure connaissance de soi, un mieux vivre avec les autres.

Il n’y a pas meilleur parole que celle venant de la Règle de Vie Spiritaine pour conclure ces quelques lignes.

« Venant de cultures, de continents, de pays et d’horizons divers, nous sommes rassemblés par l’Esprit de Pentecôte, en une grande communauté : la Congrégation. Les diversités culturelles y sont reçues comme des richesses et notre unité témoigne de la réconciliation dans le Christ. (RVS N°37)

VI – LES GRANDES FIGURES ET DATES DE LA PRESENCE DES SPIRITAINS AU CAMEROUN

Les Spiritains arrivent au Cameroun après le départ des Pallottins en 1916.

  • 1916-1922: réhabilitations et constructions des missions pallottines par les Pères Spiritains ;

La réhabilitation des missions par les Pères Spiritains s’est faite principalement à :

  • Ngovayang par le Père GALLOIS prenait la direction de la mission. Le 8 octobre 1916, par la suite le Père LABIOUZE se joint à lui dans ce travail. A la fin de 1919 on a eu les Pères tels que P. Jean- MULLER, P. FERRE, P. Jean CADIOU, P. Georges LE FAUCHEUR, ainsi que les frères comme F. Innocent GRAFF et F. Florent SOLTTER.
  • Minlaba avec P. GUILLET, P. BIORET et Frère Germain LACAVE.
  • Saint-André fut réhabilité par le P. JUNG car elle fut abandonnée par les Pallottinss en 1912.
  • 1923-1943: fondation des œuvres spirituelles, les missions et structures éducatives sous l’initiative de Monseigneur Xavier VOGT.
    • Les œuvres spirituelles comme la construction de la Cathédrale de Mvolyé le 12 novembre 1923.
    • La création des missions d’Akono et Nden en 1923, Efok et Nlong en 1926, Samba et Medezek en 1928, Bikop, Omvan, Bafia, Lable, Eséka et Akok en 1930, Nkilzok, Nkolavolo et Ntui en 1931.
    • La formation des catéchistes avec la création des structures éducatives comme le Petit Séminaire à Efokk, le Grand Séminaire, le Séminaire de préparation le 15 septembre 1940.
    • La création d’autres missions entre 1932 et 1942.1943-1961: Monseigneur René GRAFFIN locomotive de la fondation de missions et des structures éducatives, il a repris toutes les missions de Monseigneur VOGT et a fondé d’autres missions.
  • 1932-1945: Monseigneur Mathurin LE MAILLOUX locomotive de la fondation des missions et structures éducatives.
  • 1946-1957: les réalisations sur l’initiative de Monseigneur Joseph BONNEAU avec la création
    • Des missions ;
    • Des structures éducatives comme Ecole Normale de Makak, Collège Libermann, Ecole Professionnelle de Bonakouanang et Collège d’Enseignement Technique et Industriel la Salle.
    • Des œuvres caritatives comme les dispensaires, hôpitaux, maternités léproseries.
    • Action catholique avec la légion de Marie.
  • 1949-1961: la fondation des missions avec Monseigneur TEERENSTRA.
  • 1962-1990: la fondation des missions et structures éducatives avec Monseigneur Van HEYGEN.
  • 1965-1977: Monseigneur LOUCHEUR locomotive de la fonction des missions et structures éducatives.
  • 1990-2015: fondations des paroisses par les Spiritains comme :
    • La paroisse Saint-François d’Assise de Nklomesseng (Yaoundé),
    • Construction de la chapelle Sainte Famille de Nkolmesseng (Yaoundé),
    • Création de la paroisse Marie-Reine de la Paix d’Elig-Essono (Yaoundé),
    • Construction du presbytère de la paroisse Saint-Esprit de Mvolyé (Yaoundé),
    • Fondation de la paroisse Ngok.
VII – LES GRANDES REALISATIONS DES SPIRITAINS AU CAMEROUN
  • Congrégations religieuses créées par les Spiritains
    • Sœurs servantes de Marie de Douala
    • Filles de Marie de Yaoundé
  • Les édifices construits par les Spiritains
    • Les cathédrales
      • Cathédrale de Yaoundé (Fr. Théophile)
      • Cathédrale de Douala (Fr. Mathurin)
      • Cathédrale d’Eséka
      • Cathédrale de Mbalmayo
      • Cathédrale de Bafia (Fr. Edmond)
      • Cathédrale de Doumé (Fr. Max)
      • Cathédrale de Bertoua (Fr. Modeste)
      • Cathédrale de Batouri (Fr. Hilaire)
      • Cathédrale d’Ebolowa (Fr. Miriadec)
      • Cathédrale d’Abong-Bang (Fr. Mébius
    • Les Eglises
      • Eglise d’Akono (P. Alphonse)
      • Eglise Zoétélé (Charpente-Miriadec)
      • Eglise et Petit Séminaire d’Efok
      • Eglise de Nanga-Eboko
      • Eglise d’Omvan
      • Eglise d’Ebote Nkou
      • Eglise d’Obout
      • Eglise de Bétaré Oya
      • Eglise de Bépanda de Douala
      • Eglise Saint Paul de Nylon (Fr. Denys)
    • Les Seminaires
      • Petit Séminaire de Bonépoupa
      • Petit Séminaire d’Akono
      • Petit Séminaire de Mvaa
      • Petit Séminaire de Doumé.
    • Les Collèges
      • Collège François Xavier-Vogt
      • Collège Libermann
      • Collège Jean Bosco (devenu Sacré-Cœur de Makak),
      • Collège Teerenstra.

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