Méditation du Lundi 23 Janvier 2017

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He 9, 15.24-28 / Ps 97 (98), 1, 2-3ab, 3cd-4, 5-6 / Mc 3, 22-30

L’évangile selon Saint Marc met en exergue, souvent de manière répétée, un aspect dramatique de la vie et de la mission de Jésus : l’incompréhension, le rejet.

Aujourd’hui nous sommes en présence de trois groupes formant une sorte de triangle : « Jésus et ses disciples », « la foule », « les adversaires de Jésus ». Après des échanges houleux avec sa famille (cf Mc 3, 20-21), Marc fait suivre une scène violente de discussion entre Jésus et des « Scribes venus de Jérusalem ». Dans les deux cas, il est l’objet d’accusations malveillantes et de critiques acerbes. « Il a perdu la tête », disent ses parents … « Il est possédé du démon », disent les scribes. Rejeté, Jésus l’est. Par les siens, et par les autorités religieuses, censées reconnaitre en lui la main divine.

Alors Jésus met en évidence l’illogisme ridicule et infantilisant des scribes. Au lieu de se réjouir de ce qu’ils voient Jésus accomplir son œuvre sous leurs yeux, et qui fait d’eux des témoins privilégiés de la proximité de Dieu, ces scribes venus d’ »en haut lieu » en prennent ombrage. Ils ont du zèle, mais c’est un zèle que n’éclaire pas la connaissance véritable : ils méconnaissent la justice qui vient de Dieu, cherchant à établir une pseudo-droiture qui est la leur propre. Malgré tous les signes attestant que Jésus est vraiment le Messie, l’Elu de Dieu, que ses paroles et ses actes empreints de beauté, de pureté, de puissance, des paroles de vie, viennent du Père, ils persistent et signent : C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons ! Il y a dans cette obstination une perversion et une sclérose de l’intelligence et du cœur pour ne pas dire de l’âme qui font qu’on manque absolument la rencontre avec Dieu. Tenir de tels propos relève même de l’abomination …

La 1ère lecture relevait pourtant que le Christ est « le médiateur d’une alliance nouvelle », c’est-à-dire qu’il nous fait entrer dans des rapports nouveaux avec Dieu ; rapports désormais familiaux et d’une exceptionnelle proximité. Croire qu’un esprit impur guide, inspire Jésus, c’est prendre le bien pour le mal ; c’est prendre la lumière pour les ténèbres ; c’est se fermer soi-même à l’action du Dieu qui sauve. Parce que l’Esprit de la vie nouvelle a témoigné en faveur de Jésus (par la résurrection et dans la prédication de l’Eglise), on ne peut refuser Jésus sans qu’il y ait des conséquences sérieuses à son refus personnel. C’est ce blasphème contre l’Esprit, l’essence même de Dieu, qui est péché éternel, car non seulement le refus de l’amour de Dieu, mais c’est avant tout le refus que Dieu soit amour. C’est la coupure irrémissible qui renvoie à la mort, dont Dieu même ne peut tirer.

Que jamais le Seigneur ne permette que notre orgueil, notre endurcissement du cœur, notre opacité à son amour nous entrainent à nier qu’il est Dieu et unique source du salut !

Amen.

Abbé Léonce Aristide MANGA

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