Le jubilé de la miséricorde comme Dossier de la Semaine dans la paroisse du mois

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Le Jubilé de la miséricorde

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Misericordieux comme le Père

À la faveur d’un temps privilégié,  l’Église, par la voix du Pape François, nous offre d’approfondir durant toute une année notre relation à Dieu en (re)découvrant en Jésus le visage du Père qui fait miséricorde. En creusant ainsi un point central de notre foi, nous sommes appelés à vivre de la miséricorde et à en être les témoins dans toutes nos relations. Du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016, l’Église catholique célèbre une Année sainte extraordinaire. Le Jubilé de la Miséricorde a débuté par l’ouverture de la Porte sainte à la basilique Saint-Pierre de Rome, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception, puis dans tous les diocèses le 13 décembre  et  se  terminera  par  la  solennité  du Christ-Roi. Au cours de ce Jubilé, laissons-nous surprendre par Dieu.

« Il y a des moments où nous sommes appelés de façon encore plus pressante à fixer notre regard sur la miséricorde, afin de devenir nous aussi signe efficace  de l’agir du Père. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu  ce Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde, comme un temps favorable pour l’Église, afin que le témoignage rendu par les croyants soit plus fort et plus efficace. » Pape François, Bulle d’Indiction, N°3.

« Une Année Sainte extraordinaire pour vivre dans la vie de chaque jour la miséricorde que le Père répand sur nous depuis toujours. Au cours de ce Jubilé, laissons

-nous surprendre par Dieu. Il ne se lasse jamais d’ouvrir la porte de son cœur pour répéter qu’il nous aime et qu’il veut partager sa vie avec nous » Pape François, Bulle d’Indiction, N°25.

Qu’est-ce qu’un Jubilé ou une année Sainte ?

Un jubilé est une période privilégiée décidée par l’Église sur le modèle de ce qui s’est vécu dès l’Ancien Testa- ment. Elle est une invitation à mieux vivre l’essentiel et à nous tourner davantage vers Dieu. Elle consonne avec un temps de joie, de repos et de liberté avec le Seigneur. Elle ouvre à l’expérience d’un rythme de vie mieux accordé à celui du Seigneur. Toute l’Église reçoit ce temps comme une bénédiction. La tradition des années saintes remonte au jubilé de l’an 1300 promulgué par le pape Boniface VIII pour célébrer l’anniversaire de l’Incarnation. Il avait prévu un jubilé à chaque siècle. À partir de 1475 – dans le but de per- mettre à toute génération de vivre au moins une Année Sainte – le jubilé ordinaire fut établi au rythme de 25 ans. Un jubilé extraordinaire, en revanche, est convoqué à l’occasion d’un événement remarquable. Les Années Saintes ordinaires célébrées jusqu’à aujourd’hui, sont au nombre de 26. La dernière Année Sainte remonte au Jubilé de l’année 2000. La tradition de convoquer des jubilés extraordinaires remonte au XVIe  siècle. Les   dernières Années Saintes extraordinaires du siècle passé ont été celles de 1933, convoquées par Pie XI pour le XIXe centenaire de la Rédemption ainsi que celle de 1983, convoquée par Jean-Paul II pour les 1950 ans de la Rédemption. La tradition s’enracine dans l’institution des jubilés en Israël. On lit dans le livre du lévitique que tous les sept semaines d’années s’ouvre une  année de jubilé, pendant laquelle les terres mises en gage sont rendues à leur propriétaire, les dettes sont remises, les esclaves libérés. Pendant l’année sainte il s’agissait d’exprimer en acte et en parole l’œuvre de grâce que le Seigneur accomplit pour apporter le salut à son peuple: remettre la dette de son péché, apporter la libération de ses esclavage, lui redonner la joie de louer son Seigneur.

Jésus se réfère au jubilé en Israël lorsque, dans la synagogue de Nazareth, il lit dans le livre d’Isaïe:

« Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont  le cœur brisé, proclamer aux captifs  leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bien- faits accordée par le Seigneur. »

Ces portes saintes symbolisent l’accueil dans la maison de Dieu pour y recevoir le pardon des péchés, la remise des pénitences, et rendre grâce dans l’Eucharistie.

Dans la tradition ecclésiale des années saintes une porte spéciale est ouverte dans les quatre basiliques majeures à Rome. Ces portes saintes symbolisent l’accueil dans la maison de  Dieu pour y recevoir le pardon des péchés, la remise des pénitences, et rendre grâce dans l’Eucharistie. Toute démarche de pèlerinage s’achève par le franchissement d’une porte sainte accompagnée de la demande de conversion. Selon la volonté du pape François  il sera possible de franchir une porte sainte dans chaque diocèse. Aussi tous pourront effectuer la démarche de con- version et d’action de grâce en se rendant dans l’église désignée. Une année sainte nous est donnée pour nous convertir et rendre grâce pour les miséricordes de Dieu.

Qu’est-ce que la Miséricorde ?

La miséricorde est une attitude caractéristique de Dieu qui peut le définir tout entier: comme le disait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, « Il n’est qu’amour et miséricorde ». La miséricorde est révélatrice du soin dont le Père entoure ses enfants: Dieu écoute avec attention ce  qui monte du cœur de l’homme, ce qui provoque en Lui une attention quasi- maternelle. L’homme peut alors accepter de voir la misère, la pauvreté, l’étroitesse de sa vie. Face à nos difficultés à aimer et à pardonner, Dieu lui- même vient combler nos manques et restaurer notre humanité pour nous orienter vers une vie plus donnée.

En latin miseri veut dire « les pauvres » et cor, « le cœur ». Misericor, c’est le cœur vers les pauvres. La miséricorde consiste à avoir le cœur qui bat pour les pauvres. Quoi de plus beau, de plus chaleureux, de plus courageux! Le mot miséricorde, dit saint Thomas d’Aquin, signifie un cœur rendu misérable par la misère d’autrui. La miséricorde, c’est la compassion pour toutes les formes de souffrances; c’est la patience bienveillante devant la  lenteur de la conversion; c’est le pardon généreux envers qui se reprend; c’est le cœur qui s’ouvre devant la misère du prochain. Ce cœur sensible à la misère ne se réduit pas à des sentiments, à de l’émotion. Ce cœur est une attitude de toute la personne, un engagement de la volonté, à la fois une disposition de l’âme et une manière d’agir. Il pousse à vouloir faire cesser la misère du prochain comme on le ferait pour la  sienne. La miséricorde n’est pas une posture humaine, même relookée. C’est l’être intime de Dieu, son cœur de  Père, sa bienveillance envers les hommes et le monde, son attribut ultime, l’expression la plus haute de sa justice. La miséricorde, telle que l’Écriture Sainte nous la dévoile, c’est Dieu saisi aux entrailles par ma détresse qui vient à mon secours et me délivre. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours.

« La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme,   pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. » Pape François, Bulle d’Indiction, N°2.

« La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme  celui d’un  père et  d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux-mêmes par leur fils. Il est juste de parler d’un amour « viscéral ». Il vient du cœur comme un sentiment pro- fond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de par-  don. » Pape François, Bulle  d’indiction, N°6.

Pourquoi franchir la porte sainte de la Miséricorde ?

Ouverture de la 1ere porte sainte à Bangui
Ouverture de la 1ère Porte Sainte à Bangui par le St Père

Lors d’une Année Sainte, chaque évêque détermine au moins un lieu où les fidèles pourront faire une démarche de pèlerinage à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde. Passer une Porte Sainte c’est la franchir réellement comme acte symbolique de notre désir de voir toute chose à travers le Christ qui nous ouvre un horizon nouveau (Ap. 21, 5). Franchir la Porte Sainte symbolise le passage du péché vers la grâce. Toujours ouverte, la porte exprime l’attente de Dieu qui se tient sur le seuil les bras ouverts pour nous faire entrer dans la miséricorde. Passer la porte requiert donc qu’on laisse derrière soi le péché pour rejoindre l’amour et le pardon.

Avant de franchir la Porte, il faut se mettre en route. Comme un pèlerin appelé à aller de l’avant, chacun  marche à la rencontre du Père miséricordieux, sur un chemin de conversion. Passer le seuil de la porte, c’est un acte de foi du croyant qui reconnait en Jésus-Christ  le  Seigneur. Le Christ a dit: « Moi, je suis la porte » (Jn 10, 7). C’est par lui que l’on peut connaître et entrer en communion avec Dieu. Le Christ est le Sauveur envoyé par le Père qui per- met à tout homme de passer du péché à la grâce.

En passant la Porte Sainte, nous nous laisserons embrasser par la miséricorde de Dieu

« En cette fête de l’Immaculée Conception, j’aurai la joie d’ouvrir la Porte Sainte. En cette occasion, ce sera une Porte de la Miséricorde, où quiconque entrera pourra faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance […] En passant la Porte Sainte, nous nous laisserons embrasser par la miséricorde de Dieu, et nous nous engagerons à être miséricordieux avec les autres comme le Père l’est avec nous. » Pape François Bulle d’indiction 3.14

Comment vivre de la miséricorde ?

Vivre de la Miséricorde, c’est d’abord s’exposer à la grâce du Seigneur pour recevoir de lui un don. Dans notre relation de foi avec Dieu, dans notre prière nourrie de la Parole de Dieu, nous pouvons alors nous émerveiller de la bonté toute puis- sante de Dieu en sa miséricorde. Cet émerveillement laisse mon- ter en nos cœurs un désir de bénéficier, avec toute l’Eglise, de cette tendresse de Dieu offerte par sa miséricorde. Se laisser toucher par l’infinie miséricorde de Dieu nous donne de nous réconcilier avec Dieu, avec nos frères et en nous-mêmes. C’est à la fois très concret et très intime. Vivre de la miséricorde purifie  et convertit notre regard sur le monde et ceux qui l’habitent. Et vivant de la miséricorde, nous aimons et agissons comme le Christ, selon la volonté du Père. La miséricorde nous fait sortir d’une image parfois idéalisée de nous- même que nous poursuivons vaine- ment; elle nous offre au contraire de consentir  au  réel  de  notre existence en y reconnaissant la primauté de l’action de Dieu. Nous échappons à tout fatalisme.

Dès lors ce qui importe  n’est pas d’abord la perfection morale de notre action, mais la foi que nous mettons en Celui qui nous permet de trouver notre joie en vivant de l’Evangile, en acceptant de nous laisser remettre debout par le Christ. Rien de ce que nous vivons n’est indifférent à Dieu, lui qui nous ouvre son cœur. Le pardon des offenses devient l’ex- pression la plus manifeste de l’amour miséricordieux, et pour nous chrétiens, c’est un impératif auquel nous ne pouvons pas nous soustraire.

« Nous sommes invités à vivre de miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait miséricorde. Le pardon des offenses devient l’expression la plus manifeste de l’amour miséricordieux, et pour nous chrétiens, c’est un impératif auquel nous ne pouvons pas nous soustraire. Bien souvent, il nous semble difficile de pardonner! Cependant, le pardon est le moyen déposé dans nos mains fragiles pour atteindre la paix du cœur. Se défaire de la rancœur, de la colère, de la violence et de la vengeance, est la condition nécessaire pour vivre heureux. Accueillons donc la demande de l’apôtre:  « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère ». » Pape François, Bulle d’indiction N°9.

Miséricorde et réconciliation ?

Si la miséricorde ne se  réduit pas au pardon, elle conduit de manière privilégiée au sacrement de la réconciliation. En effet, c’est le lieu où l’on peut faire avec certitude l’expérience de cette action  amoureuse de Dieu qui vient guérir le cœur de l’homme blessé par le mal qu’il est capable de commettre. Notre péché, loin de faire fuir Dieu, appelle de lui une consolation que son être de miséricorde est impatient de répandre.

Le temps est venu pour l’Église de retrouver la joyeuse annonce du pardon.

« Le temps est venu pour l’Église de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps de revenir à l’essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l’avenir avec espérance.  » Pape François Bulle d’indiction 10.

La Voix de St Andre, Bulletin d’information PSSA No 135

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