Trente troisième assemblée générale de l’Union Féminine des Congrégations Autochtones d’Afrique Centrale

0
46

La 33 ème Assemblée générale de l’Union Féminine des Congrégations Autochtones d’Afrique centrale s’est ouverte dimanche 16 février 2020, à Douala. Les cérémonies d’ouverture ont eu lieu au Noviciat des Sœurs Servantes de Marie de Douala, à Japoma, au cours d’une messe solennelle présidée par l’Archevêque métropolitain de Douala, Mgr Samuel KLEDA.

Cet évènement a été placé sous le thème suivant : « Réconciliation, communion, justice et paix : mission pressante dans nos instituts et dans notre monde aujourd’hui ». Les Supérieures générales des congrégations religieuses autochtones du Congo Brazzaville, du Tchad, de la Centrafrique, de la Guinée Equatoriale, du Gabon et du Cameroun ont été aidées dans leur réflexion par les Abbés Achille Eyabi, Recteur de la cathédrale Saint Pie X d’Edéa, Joseph Ndoum enseignant de théologie et de liturgie au Théologat Paul VI de Douala, Mgr Paul Nyaga, curé de la paroisse Saint Paul de Nylon et l’Abbé Benoit Ewanè, Recteur du Grand Séminaire Paul VI de Douala. Chacun selon ses compétences, a permis aux religieuses des congrégations diocésaines de la sous-région Afrique centrale de poser les jalons d’une contribution effective.

En effet, l’Eglise en Afrique Centrale reste préoccupée par le climat sociopolitique et économique tendu qui y règne, fait de conflits inter ethniques, de sous-développement technologique et infrastructurel, de chômage, de violences et de luttes politiques. Les religieuses des congrégations diocésaines d’Afrique centrale estiment que l’heure est venue pour elles de marquer, en Eglise et dans leurs communautés et pays respectifs, leur touche féminine, pour que viennent enfin la réconciliation, la communion, la justice et la paix.

Pendant 5 jours au Noviciat des Sœurs Servantes de Marie de Douala, les religieuses des congrégations diocésaines des pays d’Afrique centrale vont donc s’outiller pour une synergie d’action en faveur de la Réconciliation, de la communion, de la justice et de la paix. Interrogé sur la pertinence de ces assises sous régionales, l’Archevêque métropolitain de Douala, Mgr Samuel Kleda, a eu ceci à dire :
« En Afrique, dans la sous-région et pas seulement au Cameroun, il y a partout des foyers de tensions. Les peuples sont divisés, les dirigeants sont d’un côté vivant dans l’opulence, tandis que le peuple est de l’autre, croupissant dans la pauvreté et la misère. Voilà pourquoi l’Eglise, à travers les Personnes consacrées, cherche à apporter quelque chose de positif, dans le sens d’amener les Hommes à marcher ensemble, à vivre comme des frères et sœurs, et à s’aimer vraiment. Aussi, la femme a-t-elle un grand rôle à jouer dans ce cadre. Donc, je suis convaincu que les Sœurs peuvent beaucoup apporter dans cette quête de réconciliation dans les pays d’Afrique centrale ».
A la suite de Mgr Kleda, la Présidente de l’Union Féminine des Congrégations Autochtones d’Afrique Centrale, Mère Marguerite Marie Elomo, Supérieure générale des Filles de Marie de Yaoundé confie que :
« nous nous retrouvons tous les ans pour débattre sur un sujet d’actualité national ou alors ecclésial, dans l’un de nos pays respectifs. Ainsi, compte tenu des difficultés que notre sous-région traverse, nous nous sommes retrouvées au Cameroun, à Douala, pour réfléchir sur la paix, la réconciliation et la justice. En effet, pour nous, il s’agit d’une mission pressante qui nous incombe en tant que religieuses autochtones. Nous avons un grand rôle à jouer, d’abord au sein de nos communautés, ensuite dans nos différents milieux d’apostolat, où nous devons promouvoir la culture de la paix. Tel est notre objectif principal. Il s’agit donc de débattre de ce problème d’instabilité et de manque de paix dans notre sous-région, et voir comment apporter notre contribution quant à sa résolution. Nous estimons qu’en tant que religieuses natives de ces pays d’Afrique centrale, nous avons un rôle à jouer pour favoriser, à notre niveau, cette paix et cette réconciliation ».
Sœur Pauline Pélagie Ngo Bitanga, Supérieure générale des Sœurs Servantes de Marie de Douala déclare quant à elle que : »nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. Nous devons donc promouvoir la justice et la paix, d’abord au sein de nos communautés, ensuite dans le monde. Et pour témoigner du Christ, nous devons être la lumière de ce monde. Notons que nous ne sommes pas les prêcheurs qui montent en chaire pour parler, mais nous exerçons un apostolat de proximité, auprès des pauvres, des malades, des orphelins, des femmes et des enfants vulnérables, et dans les paroisses. Par ailleurs, c’est la femme qui tient le bateau, qu’elle soit dans l’Eglise ou dans le monde. Dieu nous a donné une force et nous devons tirer le bateau ».
Mère Claire Liliane Obone Bibale, Supérieure générale de la congrégation des Sœurs de Sainte Marie du Gabon pour sa part pose que : »la justice et la paix font partie de ce dont le monde a besoin, compte tenu des grands fléaux et des crises que nous connaissons dans la sous-région. Nous voulons être, à notre niveau, dans nos familles religieuses, et dans de nos pays, ces grains de sels qui cherchent à apporter, à leur manière, un petit plus à l’action des responsables politiques de nos pays respectifs. En plus, en tant que responsables de congrégations et comme femmes envoyées en missions, nous avons un message de paix, d’amour, de communion et de réconciliation à donner aux personnes les plus proches, celles avec qui nous travaillons ».
Sr Rose Chantal Jazet, Superieure générale des soeurs de la Sainte Famille de Bafoussam espère recevoir de cette Assemblée : »des outils que je partagerai à mes consœurs, et qui nous aideront mieux encadrer les populations victimes de la crise anglophone. Notre communauté située dans une zone frontalière du Nord-ouest et du Sud-ouest nous fait accueillir régulièrement les déplacés internes venant de ces deux régions. Nous avons encore besoin d’outils pour mieux les gérer ».
Sr Lydia Portella, Responsable de la Famille des religieuses missionnaires de Nazareth au Congo Brazzaville, précisément à Pointe Noire fait savoir qu’elle est persuadée : » qu’on va pouvoir traiter, de long en large, le thème choisi et le vivre dans nos communautés, comme nous le demande l’Evangile. Nous aiderons également nos frères et sœurs en mission à en vivre. Nous en avons vraiment besoin pour que le Congo puisse retrouver la tranquillité en tous points de vue ».

Sr Paule Valérie

LAISSER UN COMMENTAIRE

Bienvouloir rédiger votre commentaire!
Bienvouloir entrer votre nom ici